Né en 1917, Maurice Faustino-Lafetat, durant huit années de sa jeunesse, réside avec ses parents dans l'impasse Vandal du quatorzième arrondissement de Paris, où il fréquente les gitans qui ont un campement dans un tout proche terrain vague qu'il appelle alors «ma zone» (Ma zone: la rue Vandal, titre d'un tableau représentant le campement, peint vers 1945)[2]. Avant son évolution «vers la clarté, la traduction d'une lumière dorée qui baigne nombre de ses toiles», observe Jean-Louis Augé, Faustino Lafetat, déjà «veille de très près à la construction de ses peintures, à leur composition rigoureuse»[3]. Ses œuvres les plus anciennes, «encore empruntes d'une formation rigoureuse et du désespoir de la jeunesse»—c'est probablement dans le campement gitan qu'il gagne le second prénom de Mario dont il continuera volontiers à se faire appeler— précèdent de la sorte la période structurée qui, plus tard, dans les années 1970, le fera défini post-cubiste.
Maurice Faustino-Lafetat est élève de l'École du Louvre en 1945, puis de l'École nationale supérieure des beaux-arts en 1950. Le , il épouse Suzanne Boudon; leur fille Agnès naîtra en 1964[2].
Cet artiste, vivant et travaillant au 1 avenue Suzanne à Lagny-sur-Marne[4] ne datant pas ses toiles, le musée Goya[2], en indiquant ses principales villégiatures, permet d'en situer une partie dans le temps: L'Italie (1954), les environs de Dunkerque (notamment Gravelines et Grand-Fort-Philippe (vers 1955), l'Auvergne (1956), Le Havre (avec son ami Franck Innocent) et l'Espagne (notamment Tolède) en 1959, Le Loir-et-Cher (notamment Mesland, de nouveau avec Franck Innocent) et l'Auvergne en 1960, la Bretagne (notamment Rothéneuf), le Tyrol et l'Autriche en 1960, la Provence en 1967, la Cote d'Azur (notamment Nice vers 1973), Venise et l'Égypte (vers 1980), New York (vers 1984).
Distinctions
Chevalier de l'ordre national du Mérite
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres
Chevalier de l'ordre des Palmes académiques
Réception critique
«La peinture de Maurice Faustino-Lafetat est un regard porté sur la société nouvelle... Son univers pictural est à la fois expressionniste et constructiviste. Expressionniste car il s'agit de révéler la valeur première des choses et en définir la substance spirituelle. L'ambiance des lieux est ainsi restituée par l'œil observateur du peintre: Maurice Faustino-Lafetat complète ces descriptions émotionnelles par une démarche constructiviste. Le rapport entre l'idée et sa représentation ne se rompt pas. La composition architecturée en est sa complémentarité. Les rythmes sont établis en une armature de lignes composantes. Savamment disposées, les constructions ajoutent la magie à une lumière dirigée, puis canalisée dans les méandres des composantes du tableau... Maurice Faustino-Lafetat allie les compositions à l'idée du sujet, dans une synthèse picturale, véritable témoignage de la société actuelle.» - Patrick-F. Barrer[5]
«Beaucoup pourraient lui reprocher un certain classicisme, une ressemblance avec Lhote ou La Fresnaye, un cubisme approprié. Rien de tout cela n'est véritable si l'on se penche sur un parcours où, de façon indéniable, le paysage l'emporte sur tout autre genre. Faustino-Lafetat était un peintre véritable sachant traduire la force et la poésie des éléments, le dilemme de la couleur qui laisse sur les images de notre monde d'étonnantes splendeurs, des gammes colorées sans rapport avec notre raison quotidienne.» - Jean-Louis Augé[3]
Faustino-Lafetat, 1917-1988, Castres, Éditions du Musée Goya, 1999.
Collectif, Faustino-Lafetat, 1917-1998, Castres, Éditions du Musée Goya, 1999.
Alain Favelle (préface), Annuaire des peintres, sculpteurs, experts, galeries de France et professionnels des arts graphiques, Patrick Bertrand éditeur d'art, Sainte-Hélène-sur-Mer, 1995, p.415.
Patrick-F. Barrer, «Maurice Faustino Lafetat», L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992, p.224.
Véronique Houques et Claude Houques, Histoire de la Société des artistes indépendants normands 1938-2005, Rouen, , 451p.
French Art now - Salon France America, catalogue d'exposition, Association pour la promotion du patrimoine artistique français, Évry / International Association for contemporary Art, Chicago, 1991, p.240.
Le Salon - La nuit, catalogue du Salon des artistes français 1977.
Annexes
Bibliographie
Jean Cassou, Pierre Courthion, Bernard Dorival, Jacques Duby, Serge Fauchereau, René Huyghe, Jean Leymarie, Jean Monneret, André Parinaud, Pierre Roumeguère et Michel Seuphor, Un siècle d'art moderne - Histoire du Salon des indépendants, Denoël, 1984.
Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
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